Image d' une statue

Après 109 ans d’absence, le Djidji Ayôkwè revient en Côte d’Ivoire

Un symbole arraché en 1916 retrouve sa terre d’origine, marquant une étape majeure dans la reconquête du patrimoine africain.

Après plus d’un siècle d’exil forcé, le Djidji Ayôkwè, tambour sacré du peuple Atchan, est officiellement de retour en Côte d’Ivoire. Arraché à son territoire en 1916 durant la période coloniale, cet objet emblématique dépasse largement sa dimension matérielle : il incarne la mémoire, l’autorité traditionnelle et l’identité culturelle d’un peuple.

Son retour s’inscrit dans une dynamique plus large de restitution des biens culturels africains spoliés pendant la colonisation. Mais pour la Côte d’Ivoire, il s’agit avant tout d’un acte de justice historique et de souveraineté culturelle.

Un symbole de pouvoir et de communication

Le Djidji Ayôkwè, parfois qualifié de « tambour parleur », était un instrument central dans l’organisation sociale du peuple Atchan. Il servait à transmettre des messages officiels, convoquer les populations, signaler des événements majeurs ou encore affirmer l’autorité des chefs traditionnels.

Son absence pendant 109 ans représentait une fracture symbolique. Son retour constitue donc bien plus qu’un transfert patrimonial : c’est une mémoire restaurée, une dignité retrouvée et une transmission culturelle réactivée.

Une volonté politique affirmée

La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a souligné que cette restitution est le fruit d’une volonté politique clairement exprimée au plus haut sommet de l’État, sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara. Elle a également salué l’engagement du Vice-Président Tiémoko Meyliet Koné et du Premier ministre Robert Beugré Mambé, ainsi que la mobilisation des équipes gouvernementales ayant œuvré pour aboutir à cet accord.

Au-delà des discours, cette restitution témoigne d’un positionnement stratégique : faire du patrimoine culturel un levier de diplomatie et d’affirmation nationale.

Une coopération fondée sur le respect

La ministre a exprimé sa reconnaissance envers l’Organisation internationale de la Francophonie et l’UNESCO, dont l’accompagnement souligne la portée universelle de cette restitution.

Cet acte marque une nouvelle étape dans la coopération culturelle entre la Côte d’Ivoire et la France. Il ouvre la voie à une relation repensée, basée sur le respect mutuel et la reconnaissance de la valeur du patrimoine africain.

Une victoire pour la mémoire africaine

Le retour du Djidji Ayôkwè dépasse le cadre ivoirien. Il s’inscrit dans un mouvement continental de revendication et de récupération des œuvres africaines conservées hors du continent. Chaque restitution renforce l’idée que le patrimoine africain doit être conservé, étudié et transmis en Afrique.

En récupérant son Djidji Ayôkwè, la Côte d’Ivoire affirme que l’histoire ne peut rester figée dans les vitrines étrangères. Elle rappelle que le patrimoine n’est pas une simple collection d’objets, mais une composante vivante de l’identité des peuples.

Transmission et avenir

Le défi désormais est celui de la conservation, de la valorisation et de la transmission aux jeunes générations. Le retour du Djidji Ayôkwè offre une opportunité pédagogique majeure : reconnecter la jeunesse ivoirienne à son histoire, à ses traditions et à sa richesse culturelle.

Après 109 ans d’absence, le Djidji Ayôkwè ne revient pas seulement comme un objet patrimonial. Il revient comme un symbole de résilience, de continuité et d’affirmation africaine.

Rédaction X-BASE
Dr GBEKLEY E. H., 2026

Dr GBEKLEY E. Holaly est Scientifique , Chercheur et Stratège du Management et de l’ Information

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *